• Léo-Paul SAPET

Pourquoi certaines personnes s'effondrent-elles le jour J à cause de la pression?

Dernière mise à jour : 11 août

La pression fait partie intégrante d'un jour important que ce soit dans le domaine du sport, du travail, de l'école ou personnel. Même après des longs mois de préparation, le jour J certaines personnes vont perdre tous leurs moyens et contre-performer. D’autres vont plutôt être au meilleur de leur forme lors de situations intenses et stressantes. Comment expliquer que chaque personne réagisse différemment à la pression?



Plusieurs facteurs externes peuvent influencer le niveau d’anxiété comme la nouveauté, le manque de contrôle, l’ambiguïté et le côté imprévisible d’une situation peuvent déclencher ce sentiment. Le plus souvent, c’est une perception biaisée qui fera augmenter le niveau d’anxiété. On se crée un scénario fictif dans lequel on a l’impression de vivre une menace, même si ce n’est pas le cas. De plus, si dans le passé une conséquence négative est survenue dans une situation similaire, on aura tendance à l'associer et cela influencera aussi le niveau d’anxiété.


L’anxiété aura des effets physiques (anxiété somatique) ou psychologiques (anxiété cognitive). Une fois que le stress nous envahit, une cascade de symptômes apparaissent, de l’augmentation des battements cardiaques aux tremblements jusqu’aux pensées négatives ou aux maux de tête.


Les conséquences de l’anxiété ne sont pas à négliger. Vous pouvez avoir l’impression de perdre le contrôle et que vous êtes incapable de rester concentré sur votre objectif. Le doute s’installe et les pensées négatives font leur apparition. Comment expliquer ce phénomène communément appelé dans la littérature scientifique "choking under pressure" ?


Le « choking » est défini comme « une diminution de la performance dans des situations de pression » (Baumeister, 1984, p. 610). Par exemple, un joueur de football trop anxieux réussit à marquer tous ses penalty à l'entraînement mais pourrait rater un penalty important sous la pression.


David Trezeguet rate son penalty en finale de la Coupe du monde 2006 face à l'Italie.

Plusieurs études sur le sujet ont mis en évidence l’impact de la perception créée par notre cerveau sur notre performance.


D’une part, les théories sur la concentration personnelle suggèrent que la pression de l’environnement augmenterait le niveau de conscience de soi de la personne, ce qui l’amènerait à se concentrer sur l’exécution de son geste (Baumeister, 1984).


Les hypothèses du contrôle du geste explicite (Beilock & Carr, 2001), affirment que cette augmentation serait à l’origine de la perturbation de l’automaticité du geste responsable d’une performance plus faible. La personne a tendance à se concentrer de façon exagérée sur elle-même pour tenter de contrôler consciemment les aspects de ses actions. En réinvestissant ses connaissances explicites, l’automaticité qui définit généralement les performances de haut niveau est perturbée.


D'autre part, les théories sur la distraction suggèrent que la pression va créer un environnement distrayant qui empêche la personne de porter son attention uniquement sur la tâche (Wine, 1971).


Cette théorie repose sur l’idée que les ressources attentionnelles sont utilisées pour le traitement des informations non pertinentes pour la tâche comme les préoccupations relatives aux conséquences dans une situation de haute pression. C’est l’anxiété induite par la pression de l’environnement qui va saturer la mémoire de travail de l’athlète (Sarason, 1988) et créer une condition de double tâche dans laquelle les pensées liées à l’anxiété sont traitées en même temps que les informations nécessaires à l’exécution des habiletés. Ainsi, la distraction, résultant de cette situation de double tâche, est responsable de la détérioration des performances. Par exemple, un individus soucieux de sa performance peut davantage se préoccuper de réflexions sur un échec potentiel que d’éléments pertinents pour la tâche et ses préoccupations vont dégrader sa performance par l’intermédiaire de son niveau attentionnel.


En conclusion, chaque personne réagit différemment au stress. Certain vont voir leur performance se bonifier ou au contraire se dégrader. L'important est d'apprendre à se connaître sa propre réaction en cas de forte pression et mettre en place des stratégies pour faire face à cette situation, également appelé "stratégies de coping". L'accompagnement en préparation mentale par un spécialiste diplômé permet de réussir à apprendre à gérer ses réactions face à la pression d'une situation stressante.


Mais au fait, avez-vous déjà rencontré ce phénomène ? N'hésitez pas à prendre contact avec moi pour en discuter ensemble et avoir la réponse.

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